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28
Mars 2003
Les Hongrois sont les suivants: le "Oui" s'affirme pour l'instant
L'échec des négociations pour Chypre n'affecte pas l'opinion des Chypriotes Grecs sur une adhésion à l'Union Européenne.
par
Robert Manchin
BUDAPEST - A l'approche des référendums,
le soutien à l'adhésion reste stable, ou progresse dans tous les
pays où des sondages ont été publiés la semaine dernière. La Hongrie
est le prochain pays à organiser un référendum: ceux qui soutiennent
l'adhésion (60%) sont trois fois plus nombreux que ceux qui s'opposent
(18%). L'effritement récent du soutien est donc stoppé. En République
tchèque, le niveau de soutien est resté constant au cours des derniers
mois. Aujourd'hui, 52% de l'électorat est "pour" l'adhésion, et
20% s'y opposent; 81% voteraient favorablement si un référendum
devait avoir lieu demain. En Pologne, les derniers chiffres disponibles
indiquent un soutien de 73%. Enfin, on craignait que l'échec du
plan Annan pour la réunification de Chypre n'affecte négativement
la volonté des citoyens de rejoindre d'Union. Mais, selon un récent
sondage, la grande majorité des chypriotes grecs ne va pas dans
ce sens: ils estiment que cet échec n'entravera pas l'adhésion à
l'UE, qui est largement perçue comme une aubaine.
HONGRIE: Selon TÁRKI, une des sociétés de sondage les plus respectées en Hongrie, 60% de la population en âge de voter approuve l'adhésion, et un cinquième (18%) s'y oppose. Près des trois-quarts (73%) de ceux qui iront certainement voter voteraient "oui", 15% "non" et 12% sont encore indécis. Parmi ceux qui ont fait leur choix et iront certainement voter, 81% sont favorables à l'adhésion. TÁRKI explique: "Dans les trois semaines qui nous séparent du vote, bien des choses pourraient avoir un impact sur le résultat final. Prenant en compte cette situation fluctuante, nous nous attendons à ce que le référendum contraignant du 12 Avril soit valide, et à ce que le taux de participation tourne autour des 60-70%. Selon nos estimations, 75 à 85% des participants voteraient "oui" à l'adhésion L' appui politique à cette adhésion sera donc important."
REPUBLIQUE TCHEQUE: Un sondage réalisé
par TNS Factum, entre le 7 et le 12 mars 2003, relève que
sept tchèques sur dix participeraient à un référendum
sur l'adhésion à l'Union européenne, donnant
une claire majorité au "oui". Les estimations montrent
que 81% de ceux qui iront effectivement voter voteraient en faveur
de l'adhésion, mais que, sur l'ensemble de l'électorat,
seuls 52% y sont favorables; Les partisans d'une adhésion
de la République tchèque à l'Union sont majoritaires
dans toutes les catégories socio-démographiques, mais
sont les moins nombreux parmi les électeurs de gauche. Le
manque flagrant d'information qui caractérise pratiquement
tous les pays candidats, est également perceptible en République
tchèque. La moitié (51%) des personnes interrogées
déclare ne pas disposer d'informations essentielles. De plus,
48% disent aussi ne pas avoir reçu suffisamment d'arguments
pour étayer leur vote en faveur de l'adhésion.
POLAGNE: Au-delà des informations
récentes sur le soutien écrasant des polonais à
l'adhésion (73% des votants exprimeraient un vote favorable,
d'après Ipsos-Demoskop), Rzeczpospolita fournit des données
intéressantes sur la propension à partager la souveraineté
nationale avec l'Union. CBOS a demandé aux polonais quelle
Union Européenne ils souhaitaient. Soixante-cinq pourcent
pensent que les États membres, y compris la Pologne, devraient
maintenir autant d'indépendance que possible. Seuls 16% disent
que l'UE devrait être une fédération, similaire
aux Etats-Unis. Soixante-et-un pourcent souhaitent que les États
membres conservent la plus grande liberté pour décider
de leur politique étrangère. Seuls 36% pensent qu'une
position commune en matière de relations extérieures
devrait être développée. Cependant, plus de
la moitié des polonais (52%) accepterait une forme de gouvernement
commun aux États membres, alors que 23% s'y opposent. Quarante-quatre
pourcent sont en faveur d'un commandement militaire européen
commun (32% s'y opposent). Une autre enquête, réalisée
par l'Institut des Affaires Publiques, confirme un intérêt
particulièrement développé pour les questions
d'intégration européenne parmi les jeunes ruraux polonais,
mais elle met aussi à jour un manque d'information alarmant:
67% considèrent leurs connaissance comme faible, 7% admettent
ne rien savoir du tout sur le sujet. Toutefois, l'opinion des jeunes
ruraux s'avère fortement influencée par la préférence
politique. Zbigniew Drag, de l'Institut de Sociologie de l'Université
Jagiellonski à Cracovie, considère que "ceux
qui sont contre l'adhésion sont les jeunes ruraux qui ont
un lien direct avec l'agriculture, pas tous les jeunes ruraux".
Leurs craintes sont relatives au futur de l'économie agro-alimentaire,
aux droits de propriété et à l'appauvrissement
général des zones rurales.
CYPRE: L'échec de la tentative pour
résoudre les problèmes de l'île divisée
pourrait signifier qu'il n'y aura tout simplement pas de referendum
sur l'adhésion. Cependant, un sondage réalisé
récemment dans la partie sud (grecque) de l'île, montre
que la communauté grecque ne craint pas que l'échec
des récentes négociations n'entrave leurs espoirs
d'adhésion. Dans l'important quotidien en langue grecque
Simerini on lisait récemment "pour l'opinion publique,
l'intégration complète de Chypre dans l'Union est
une aubaine".
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